Entre les cadeux, le troisième cadeau a été, sans doute, le plus imaginatif du répertoire : un poème du bertsolari Jon Sarasua rédigé en euskera et, au cas où le Pontife n’aurait pas tout à fait saisi le message, opportunément traduit en quechua. Le Gouvernement basque a expliqué le geste comme une reconnaissance de « l’implication et de l’engagement » du père Prevost d’alors « avec les langues indigènes » pendant sa période missionnaire dans les Andes péruviennes, où il a servi d’abord à Chulucanas et ensuite comme évêque de Chiclayo.
Le choix de la langue quechua comme pont entre Rome et Vitoria —en sautant, au passage, l’étape inconfortable du castillan, langue maternelle de centaines de millions de catholiques et, casuellement, aussi langue du Pape— permet au Gouvernement autonome d’inscrire l’euskera dans la catégorie des « langues minorisées du monde », sur un pied d’égalité avec celles parlées par les peuples andins évangélisés par les missionnaires espagnols il y a cinq siècles.











2020 Garabide